Travellings Yabs, la recette d’une communication numérique décalée du Parlement Européen #EU09

yab peopleTout commence avec l’idée que “le monde (dans le cas présent l’Europe) est plus petit que nous le pensons” et que d’une manière ou d’une autre, nous sommes tous liés les uns aux autres.

C’est avec cette idée succincte et non moins vraie que le Parlement Européen se lance dans une campagne de communication décalée à l’attention des jeunes et ce depuis… un simple profil Facebook !

La recette en question :

1. Prenez 27 figurines identiques et transformez-les en YaBs (pour Yellow and Blue ou You at Brussels -ndb- selon)

yab blue

2. Attribuez leur une nationalité différente à chacun étant donné qu’ils sont originaires d’un État-membre différent

3. Puisque les YaBs ont le souhait de devenir des agents secrets, donnez leur une mission à accomplir. Leur mission, s’ils l’acceptent, sera de se rendre dans leur pays d’origine avant les élections européennes et retrouver une célébrité de leur pays (qui aimerait peut être voter avec YaB…).

4. Donnez à chaque agent secret un vrai nom et un nom de code :

yabs

5. Choisissez une date de début de mission. Au hasard le 9 Mai, lors de la Fête de l’Europe qui sera journée porte ouverte au Parlement Européen (rendez-vous au stand de la communication web, 3ème étage du Parlement)

6. Définissez les règles du jeu pour que cela soit plus fun :

  1. Chaque YaB devra voyager de main en main pour atteindre sa destination finale
  2. Comme le nain de jardin du papa d’Amélie Poulain (Paul Ethique devra rencontrer Audrey Tautou lol) le YaB sera prit en photo dans les plus beaux endroits de son pays d’origine, de préférence avec les personnes qui ont eu la chance de l’accompagner ;-)
  3. Le trajet du YaB sera enregistré par son accompagnateur (qui pourra le cas échéant envoyer ses photos, vidéos à l’adresse suivante WebComm@europarl.europa.eu ou directement sur la page Facebook

7. Faites buzzer le tout

8. Attendez les résultats !!


Mon point de vue

Le billet d’origine reprend la théorie des six degrés de séparation popularisée par Milgram et Facebook. Ainsi, le département de la communication numérique du Parlement Européen fait confiance à une idée en vogue et son support, pour amorcer un phénomène de viralité sur Internet. Reste à voir si la recette prendre réellement car comme il est aisé de le rappeler, les élections européennes sur Internet (et ailleurs) c’est plutôt le calme plat. Au moins en France, où les électeurs, les médias et les politiques sont plus enclins à manifester leurs intérêts à l’endroit de l’autorité nationale. Pour ma part, je trouve cette idée de campagne institutionnelle plutôt originale et innovante. L’idée de faire participer les électeurs, couplée à la publication et au partage de contenus sur Facebook semble pertinente et pourrait être efficace. Sinon nous rapprocher un petit peu plus les uns des autres en tant qu’européens. En attendant, voici mon YaB préféré (et pas des moindres) EP021/ Elmo Peebles from UK :

elmo

Bon Voyage !

Du bon usage des robots mendiants

Cette vidéo nous montre des robots en train de faire la manche.  A l’inverse des mendiants “humains”, ils ont accès à des zones où la mendicité “humaine” est normalement interdite, comme les centres commerciaux ou certains quartiers fréquentés par une population aisée.

En reprenant la légende qui figure à côté de la vidéo, on peut lire l’hypothèse suivante : cette partie de la société ne peut faire preuve de sympathie envers les groupes marginalisés que s’ils communiquent à distance, de façon sécurisée et par l’intermédiaire d’une interface technologique. Voilà, c’est dit (est-ce lié à un usage excessif de la télévision ?). En regardant la vidéo on comprend qu’il ne s’agit pas forcément de philanthropie, mais plutôt que les personnes donnent un peu de monnaie afin de combler leur curiosité et écouter ce que le robot a à leur dire. Vous noterez que le matériel utilisé est essentiellement composé d’ordinateurs de seconde main et les modèles semblent être open-source. Par conséquent, des pays comme la Chine, l’Inde ou le Nigeria qui ont des stocks importants de machines usagées pourraient se lancer dans la fabrication industrielle de ce type de robots.

D’une manière générale, le projet tente d’exploiter les avantages de la robotique pour ramener le mendiant dans l’espace public. L’expérience est réalisée dans différents pays. Elle est à chaque fois adaptée au contexte et à langue locale. Les robots mendiants font de la mendicité au nom des pauvres.

Le premier constat que l’on peut faire, est que cela semble fonctionner (au début en tout cas) des questions demeurent malgré tout… est-ce une bonne chose que de récolter plus d’argent par ce moyen ou est-ce tout simplement affligeant de voir que nous en sommes arrivés là dans nos rapports humains directs à l’heure du tout technologique, du robotique ? Je n’ai pas la réponse. Ce que je pense, c’est que notre utilisation des robots va s’étendre de façon exponentielle, pour le meilleur et pour le pire. Dans le cas présent, je trouve que c’est une bonne utilisation.

Plus largement, la présence de machines qui nous ressemblent oblige à repenser nos rapports humains existants à toutes les échelles et dans toutes les dimensions (sociales, économiques…). C’est-à-dire, en partant de nos interactions directes (qu’elles soient humaines-humaines ou humaines-machines) jusqu’aux cadres dans lesquels celles-ci ont lieu, notamment juridiques, en passant par nos relations globalisées (différence Nord, Sud, multi-polarité…)

PS: Pour finir, une nouvelle peu réjouissante, il y a quelques jours, un robot a attaqué et tué un travailleur dans une usine en Suède…

Edit : Il ne serait pas mort mais blessé

Samedi, mai 2nd, 2009 at 00:11

Playing for Change : War/No More Trouble

Cheminant à travers le monde entier, nous avons rencontré l’amour, la haine, des riches et des pauvres, des noirs et blancs, et de nombreux groupes religieux et idéologiques différents. Il est devenu tout à fait clair qu’en tant que race humaine, nous devons transcender l’obscurité en lumière, et que la musique est notre arme pour l’avenir. Cette chanson autour du monde révèle des musiciens qui ont été confrontés aux conflits et à la haine et qui les ont surmontés avec amour et persévérance. Nous n’avons pas besoin de soucis supplémentaires, ce dont nous avons besoin, c’est d’amour ! L’esprit de Bob Marley est toujours vivant.

version française du texte réalisée par : Les Humains Associés

As we made our way around the world we encountered love, hate, rich and poor, black and white, and many different religious groups and ideologies. It became very clear that as a human race we need to transcend from the darkness to the light and music is our weapon of the future. This song around the world features musicians who have seen and overcome conflict and hatred with love and perseverance. We dont need more trouble, what we need is love. The spirit of Bob Marley always lives on.

This is the fourth Song Around The World video released from the CD/DVD Playing For Change: Songs Around The World and the follow up to the classics “Stand By Me,” “One Love” and “Don’t Worry.” This unforgetable track was performed by musicians around the world adding their part to the song as it traveled the globe.

playingforchange.com

Mardi, avril 28th, 2009 at 23:52

a little corner of the liminous room

Mardi, avril 14th, 2009 at 02:30

Si Obama postait sur twitter…

obama tweet

image by

A certains égards, cette illustration n’est pas très “fun” (quand on pense à la réalité économique derrière ces tweets, on la voit autrement). Je trouve simplement intéressant l’association faite entre les réponses d’Obama à la crise (ici évaluée sur le plan économique) et la rapidité avec laquelle le public (connecté) réagit dans la netosphère, a fortiori sur Twitter (phénomène social global du moment sur Internet, avec Facebook évidement) comme l’illustration le suggère.

De manière générale, ceci pose la question des enjeux de compréhension de la crise par nous, les citoyens (américains et pas uniquement) et les échanges que cela suscitent entre nous sur la toile. Je ne sais pas dans quelle mesure il est justifié de dire cela, mais je pense que ces enjeux de compréhension sont également liés à notre perception de celle-ci à travers les outils numériques que nous utilisons pour cela, sans parler de notre compréhension des écosystèmes des outils numériques eux-mêmes.

Un peu comme ce travail de fond réalisé sur la sémiotique de la crise, il serait intéressant d’observer comment elle est perçue sur la toile et voir le cas échéant, si les différentes plateformes nous apportent des éclairages nouveaux. Voire des aides de réponses à la crise (on ne sait jamais ;-). Peut être plus dans le sens d’une analyse sémiologique classique dont les spécialistes ont le secret. C’est simplement une idée, elle est probablement déjà mise à l’oeuvre par ces derniers, voire est peut être obsolète.

De manière grossière, on peut déjà tenter d’observer autour de l’utilisation du hashtag #crisis sur twitter search quels sont les tags qui y sont le plus fréquemment associés (#financial #climate #iceland…#opportunity ?). Je vous l’accorde, ce n’est pas très significatif, mais c’est un début…

A mon sens, la difficulté, mais aussi la caractéristique la plus intéressante, est que dans l’espace numérique chaque entité participante (médias, blogueurs, commentateurs, twittereurs…) embarque sa propre compréhension de la crise et nourrit celle des autres en accéléré et au moment même ou les politiques dévoilent leurs solutions. Ainsi, il ne s’agit pas simplement de viralité mais plutôt d’une co-conconstruction d’un échafaudage de sens et de solutions à grande échelle (?). Soutenus par nos participations aux médias sociaux, les médias (pure players) étant des points de passages obligés (la charpente) et leur productions (les articles de journalistes la plupart du temps) des passerelles pour nos échanges. Aussi, dernièrement deux articles m’ont interpelé.

Le premier, publié sur Slate.fr, aborde justement la question de la façon de communiquer d’Obama et son camp sur leurs actions, à travers le regard d’un “grand ami” (validator) et non moins spécialiste, Warren Buffet. Le second est une dépêche AFP qui reprend l’analyse du prince Charles dans laquelle il avance que la crise n’est rien comparé au changement climatique. S’il n’a pas tort et compte tenu de l’ampleur de la crise économique, je vous laisse imaginer à quoi cela équivaut en terme de dégâts envisageables. Aussi, il est indéniable que ces deux aspects sont intrinsèquement liés (c’est mon avis) et qu’il serait judicieux de raisonner de manière holistique. Dans tous les cas, comme il en va depuis quelques années dans bien des domaines, les médias participatifs joueront un rôle toujours plus croissant dans notre relation à la crise et par conséquent, notre compréhension et action sur elle.

ps: le compte officiel de Barack Obama est au point mort depuis l’inauguration day… et celui de @thewhitehouse n’en parlons pas

Dimanche, mars 15th, 2009 at 06:59