
“Ce qu’il faut, c’est qu’on soit naturel et calme
dans le bonheur comme dans le malheur,
c’est sentir comme on regarde,
penser comme l’on marche,
et, à l’article de la mort, se souvenir que le jour meurt,
que le couchant est beau, et belle la nuit qui demeure…”
Fernando Pessoa
1888-1935
(Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes, trad. Armand Guibert, p.71, nrf Poésie/Gallimard)
Tags Technorati :
Pessoa Fernando, poésie, marcher, nuit
Posted on 7 novembre '06 by Mathieu, under Poésie. 1 Comment.
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Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées, Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Par-delà le soleil, par-delà les éthers, Par-delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité, Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde, Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides; Va te purifier dans l’air supérieur, Et bois, comme une pure et divine liqueur, Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse, Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse S’élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes, Vers les cieux le matin prennent un libre essor, - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort Le langage des fleurs et des choses muettes!
Baudelaire, Les fleurs du mal III
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élévation, Baudelaire, poésie, fleur
Posted on 28 avril '06 by Mathieu, under Poésie. 6 Comments.
Video on disponible
Petit voyage cosmique jusqu’au confins de l’univers connu. Proposé par la Cinquième (comme vous pouvez le constater). C’est de la 3D mais bon, comme le dit yannos80:
On peut toujours multiplier dans l’infiniment grand et diviser dans l’infiniment petit…
alors bonne balade!!
Tags Technorati voyage, cosmique, cosmos, la Cinquième, univers
Posted on 11 avril '06 by Mathieu, under Poésie. 1 Comment.
La poésie ne s’exprime pas qu’avec des mots. La preuve, dans cette jolie vidéo…
Tags Technocrati
poésie, sand drawing, shalom, playa,paix
Posted on 4 avril '06 by Mathieu, under Poésie. 1 Comment.
VERS L’UNION
Écoute, ô bien-aimé !
Je suis la Réalité du monde,
Le centre et la circonférence,
J’en suis la partie et le tout.
Je suis la Volonté établie entre le ciel et la terre,
Je n’ai créé en toi la perception
Que pour être objet de Ma perception.
Si donc tu Me perçois, tu te perçois toi-même
Mais tu ne saurais Me percevoir à travers toi.
C’est par Mon œil que tu Me vois et que tu te vois,
Ce n’est pas par ton œil que tu peux Me concevoir.
Bien aimé,
Tant de fois t’ai-Je appelé,
Et tu ne M’as pas entendu !
Tant de fois Me suis-Je à toi montré,
Et tu ne M’as pas Vu !
Tant de fois Me suis-Je fait doux effluves,
Et tu ne M’as pas senti,
Nourriture savoureuse
Et tu n’as pas goûté.
Pourquoi ne peux-tu M’atteindre à travers les objets que tu palpes ?
Ou Me respirer à travers les senteurs ?
Pourquoi ne Me vois–tu pas ?
Pourquoi ne M’entends-tu pas ?
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Pour toi Mes délices surpassent toutes les autres délices,
Et le plaisir que Je te procure
Dépasse tous les autres plaisirs.
Pour toi Je suis préférable
à tous les autres biens.
Je suis la Beauté,
Je suis la Grâce,
Bien-aimé, aime-Moi,
Aime-Moi seul, aime-Moi d’amour.
Nul n’est plus intime que Moi.
Les autres t’aiment pour eux-mêmes,
Moi, Je t’aime pour toi,
Et toi, tu t’enfuis loin de Moi.
Bien-aimé,
Tu ne peux Me traiter avec équité,
Car si tu te rapproches de Moi,
C’est parce que Je Me suis rapproché de toi.
Je suis plus près de toi que toi-même,
Que ton âme, que ton souffle.
Bien-aimé, allons vers l’union…
Allons la main dans la main,
Entrons dans la Présence de la Vérité,
Qu’elle soit notre juge
Et imprime son sceau sur Notre union
A jamais.
(Ibn El Arabi, traduction Osman Yahya)
Posted on 28 mars '06 by Mathieu, under Poésie. No Comments.

Quand le vent eut frappé,
Quand fut détruite la Cité de l’Ame,
Quand la tyrannie eut bousculé jusqu’au dernier des
souffles,
Le voyageur fut jeté, ah brindille dans l’ouragan,
Jusqu’au désert sans route,
Vers l’exode sans but.
D’autres, nombreux, des familles entières jetées au
vide, au rien, à l’égarement,
Cherchant un lieu, et ne sachant,
De l’eau, et ne la trouvant.
Ou bien trouvant un puits et voyant leurs mains
vides
Voyant l’absence de corde et voyant un enfant
D’une pierre insondable, révéler la vérité :
Que le puits est sec depuis des siècles
Et qu’ils sont des plantes déracinées.
Ô errants du désert
Ne vous avais-je pas dit :
La tempête va venir
Et votre barque est pitoyable
Et le torrent sera couteau, vertige, tourbillon,
Des rocs se dresseront, creusant lames et gouffres
Et vous verrez un Monstre, ensuite,
En chaque grain de sable, en chaque goutte d’eau ?
Ne vous avais-je pas dit les profondeurs,
Les déferlantes, les écrasements ?
Ne vous avais je pas dit le naufrage,
Votre esquif trop gracile
Et cet oeil effroyable où roulait une eau trouble ?
Et tant et tant ont péri
Et tant et tant déjà que le Monstre a broyés !
Ne vous avais-je pas dit :
Le vent aura soufflé que vous chercherez encore
A retenir vos turbans et vos voiles
A retenir le passé hagard et dévasté
A retenir au fond de vos regards l’image ?
Mais la Cité verdoyante n’est plus.
Le vent a brûlé brun les pins et les coupoles.
Le vent des tyrannies, le serpent d’épouvante,
Ne vous avais-je pas dit sa soif en votre sein
Et qu’il ne viendrait pas de contrées si lointaines ?
Ô errants de l’exil
Vous le couviez au creux de vous
Et il a bousculé jusqu’au dernier des souffles !
Barbarie,
Harmonie :
Le chemin n’est pas droit, ô errant!
Et si jamais de l’une à l’autre on vous dit qu’il est
droit,
Ne le croyez pas, ô errants, ne le croyez jamais !
Voyez les tourbillons, les remous, les cratères,
Sans cesse plus barbares que la barbarie même
Et voyez vos mains vides
Et défiez-vous des lignes droites !
Eux tous, et le Voyageur, ah, brindilles !
Jetés à la dérive du temps
Cloués sur un abîme en eux dans leurs yeux même,
Hantises éberluées qui allaient hors chemins.
Le vent était venu.
La Cité avait perdu.
Les familles fuyaient.
L’horreur se faisait loi.
Le Monstre régnerait.
Ô amis que nous étions nous dit ?
Sayd Bahodine Majrouh, Le Rire des Amants, Ego Monstre II, Phébus, 1991.
Posted on 28 février '06 by Mathieu, under Poésie. 3 Comments.

Je te l’ai dit…
Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.
Paul Éluard
Posted on 16 février '06 by Mathieu, under Poésie. 8 Comments.