Du travail scientifique collaboratif dans Second Life
Science Alert, un magazine scientifique australien évoque, dans un article intitulé “La deuxième vie de la recherche scientifique”, un programme de recherche dans lequel est mit en avant le travail collaboratif dans les univers virtuels, notamment Second Life.

L’article présente les activités de chercheurs australiens qui travaillent actuellement sur le projet WASP (Western Australian Supercomputer Program). Ces derniers sont également intéressés par ces nouveaux outils et les possibilités qu’ils offrent pour collaborer, enseigner, partager le travail. Paul Bourke, le chargé de recherche principal dans la visualisation de données pour le projet WASP avance :
Un des projets lié à WASP à été de recréer la station de commande du supercomputer qui est géographiquement très éloignée de l’université et qui correspond au SKA (Square Kilometer Array), qui comme son nom ne l’indique pas est un télescope ultra sophistiqué. Afin de donner un sens réel de ce lieu sur lequel se trouve la station de calculs astronomiques (radioastronomie), il fut nécessaire de représenter la réalité physique du site dans le monde virtuel. Par certains côtés, cela ressemble aux virtual reality rooms de Stéphane Zugzwang qui ne sont autre que des photographies d’environnements réels implémentées dans SL. Il s’ agit bien là d’images à 360° plaquées dans la 3D, dans lesquelles les scientifiques évoluent, mais dans ce cas précis l’objectif est de transporter des personnes ne pouvant être sur le terrain réel de leur expérimentations, tout en partageant des données temps réels, afin de mieux simuler le pilotage et l’utilisation des machines à distance.
Hélas, certaines données ne pouvant circuler dans Second Life, les chercheurs ont décidé de fabriquer leur propre environnement à partir d’Unity, un environnement 3D largement utilisé pour développer des jeux 3D (First person shoot). Ils ont donc reproduit entièrement leur espace de travail réel dans les moindres détails (jusqu’au buissons) afin de pouvoir se rendre à pied ou en voiture sur le site et simuler leur travail. Ils y ont construit leur future salle de contrôle afin de voir ce que sera la puissance de calcul et comment ils vont l’utiliser. Il est possible de télécharger le “jeu” ici. Voici ce que cela donne dans un iDome :

De la même façon, Jason Tan, l’informaticien chargé d’enseignement à WASP s’appuie sur Second Life, pour enseigner l’informatique de haute performance (HPC) aux étudiants en leur permettant de “visiter virtuellement” le centre de ce “supercalculateur” (Cray XT supercomputer) et apprendre comment l’utiliser.
Pas de doute, pour ces scientifiques ces visualisations sont un aperçu de ce que sera à l’avenir, la manière dont les scientifiques vont collaborer (voire une multitude d’autre secteurs-ndlr). Pour le moment disent-ils :
La plupart des entités qui explorent dans ce domaine et font de la recherche sur ces moteurs de jeu 3D ont tous la même idée en tête : pourra-t-on tirer un plus grand parti des progrès liés à l’industrie du jeu vidéo dans des domaines plus sérieux ? (en référence aux serious games)
Nous pensons que la réponse est évidente. Ces secteurs sont déjà connectés dans la partie hardware (capacité de calculs) si bien que les avancées scientifiques sont liées à l’usage massif des jeux vidéos. Dès lors, si ces derniers conditionnent les avancées technologiques et industrielles, et par conséquent les développements scientifiques, pourquoi les usages directement liés aux environnements graphiques y échapperaient ?
source : Science Alert