nov 3 / Mathieu Bertolo

« Ce n’est pas une blague, ce n’est pas un jeu ! »(à propos de Second Life)

« Ce n’est pas une blague, ce n’est pas un jeu ! » selon Frank Tanney, avocat défendant les intérêts de six résidents de Second Life dont les créations ont été contrefaites.

Le procès de Kevin Alderman (nom d’avatar Stroker Serpentine), entrepreneur de Floride, à la tête de EROS LLC, dû à la vente illégale de son fameux lit « SexGen bed » par un tiers, a impliqué l’éditeur de Second Life et Paypal, faute d’avoir su mettre un nom derrière le nom d’avatar Volkov Catteneo. Mais, la question du droit entre les résidents eux-mêmes reste entière. Aussi, après avoir copié les créations de divers résidents de Second Life, celles de six créateurs venant de Floride (Stroker Serpentine) , de l’Indiana, de Géorgie ou encore de l’Oregon les poursuites engagées ont mené leur plagiaire devant la Cour Fédérale de Brooklyn. Il s’agit de Thomas Simon, un New-yorkais de 36 ans, pour qui ces pratiques font partie du jeu. Or l’implication d’une identité réelle derrière cet acte de copie virtuelle pourrait changer la donne et les positions de la justice sur ces questions, c’est ce que pense Frank Tanney pour qui Second Life n’est pas un jeu.

En effet, on peut se demander si les avatars sont tenus de respecter les droits éventuels des créateurs ou s’ils peuvent reproduire librement les créations présentes dans le « metaverse » puisque pour beaucoup il ne s’agit encore que d’un jeu.
Nous pensons au contraire, à l’instar de Michel Gensollen, qu’il est illégal de ne pas respecter ces droits dans l’univers virtuel. Dans le cas de Second Life « le monde virtuel se prolonge dans le monde réel dans la mesure où certains immatériels appartiennent à la fois au deux mondes : ce sont des idées, des formes, des oeuvres numérisées, des logiciels, qui peuvent se produire et s’échanger virtuellement mais qui peuvent aussi être mis en valeur directement dans le monde réel (…) Les échanges marchands sur les produits numérisés peuvent ainsi avoir lieu aussi bien dans le monde virtuel que dans le monde réel, ce qui donne une signification économique ». C’est aussi la raison pour laquelle Kermitt Quirk a pu vendre son Tringo à Nintendo pour la Game Boy Advance.
Le fait de mettre un nom derrière le plagiaire va sans doute accelerer les choses. Si Thomas Simon »estime que Second Life « n’est qu’un jeu pas très sérieux » (les « preuves prenant la forme de simples captures d’écran » par exemple), les créateurs, Stroker Serpentine en tête y voient un vol manifeste. Et Frank Tanney, leur avocat, se fait fort de le démontrer et de leur obtenir des dommages et intérêts trois fois supérieurs aux pertes que les activités de Thomas Simon leur auraient fait perdre »(Issu de l’article de J.O.L.).Affaire à suivre donc.

Pour aller plus loin :

Article JOL
Article du New York Post
Papier de M. Gensollen

One Comment

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  1. ForestNo Gravatar / nov 4 2007

    Hohohohoooo, c’est pour le moins rocambolesque !
    Je propose de condamner l’avatar Volkov Catteneo à des travaux forcés en buildant gratos pour le compte de Stroker !! :-D

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